le dimanche 13 juin 2021 | 5

Naomi Rose : « Et si on regardait le monde à travers le regard des dauphins ? »


Mis à jour le 17 juin 2021

Spécialiste des mammifères marins pour Animal Welfare Institute, la biologiste Naomi Rose milite contre leur exploitation par l’industrie du loisir. À l’heure où la France s’apprête à interdire la reproduction des orques et des dauphins en captivité et où des sanctuaires commencent à voir le jour, nous avons eu la chance de recueillir son témoignage.

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Des Caraïbes à l’Europe, de la Chine aux États-Unis... Partout dans le monde, Naomi Rose porte la voix des orques, des dauphins et de tous les grands mammifères marins détenus dans les bassins bétonnés des delphinariums et des marinelands. Biologiste pour Animal Welfare Institute, Naomi Rose – autrice notamment d’une thèse sur la dynamique sociale des orques sauvages – mène ses recherches depuis vingt ans. Cette scientifique engagée a témoigné à quatre reprises devant le Congrès américain, dirige des campagnes pour améliorer le bien-être des mammifères marins en captivité et développe des programmes de réhabilitation et de réintroduction dans le milieu naturel qu’ils n’auraient jamais dû quitter : le vaste océan.

Un combat que nous partageons

Le combat de Naomi Rose est le nôtre. Depuis de nombreuses années, nous dénonçons leurs conditions de détention et demandons la création de sanctuaires pour les accueillir. En 2003, notre enquête révélait déjà au monde entier le lien existant entre la pêche des dauphins dans la baie de Taiji, au Japon, et les delphinariums.

Plus récemment, en mai dernier, nous avons publié des images tournées au Marineland d’Antibes. Images qui témoignent des conditions de détention mortifères des orques et des dauphins dans ce lieu sinistre.

« Dresser des animaux pour divertir les gens va à l’encontre de leur bien-être »

L’analyse de Naomi Rose est sans appel : « Dresser des animaux pour divertir les gens va à l’encontre de leur bien-être. On les entraîne à présenter les mêmes spectacles jour après jour. [...] Dans la nature, aucun jour ne ressemble à un autre. Le changement, la variété, l’éventail des stimulations et même des défis, constituent l’existence normale d’un dauphin ou d’une orque à l’état sauvage », témoignait-elle. Naomi Rose nous avait aussi accompagnés lors de visites dans les delphinariums. Ses éclairages sont lumineux.

Aujourd’hui, cette biologiste engagée nous parle de la mauvaise foi de l’industrie du loisir, de la souffrance des animaux captifs et des solutions pour leur offrir une autre vie. On l’écoute.

A lire :

Rose, N.A et Parsons,E.C.M. (2019). Le dossier contre la captivité des mammifères marins, 5ème édition (Washington, DC : Institut pour le Bien-être animal et Protection mondial des animaux), 160 pp.

Sophie Dussaussois
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Commentaires 5

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pouguy | vendredi 18 juin 2021

Ceux qui détruisent le plus ces animaux sont les pêcheurs qui pratiquent la pêche industrielle où les filets n'ont pas de limites et ces animaux se prennent dedans et en meurs bien souvent ou bien sont irrécupérables.

christine | jeudi 17 juin 2021

L'homme doit absolument changer de comportement envers le monde animal. Nous nous devons de le respecter, de vivre avec lui de façon bienveillante. Nous avons tant à apprendre de ces êtres sensibles !!!

MARC | jeudi 17 juin 2021

PENSONS AU BIEN ETRE DES ANIMAUX METTONS FIN A UNE PRATIQUE D UN AUTRE AGE

MARC

MARC | jeudi 17 juin 2021

STOP ANIMAL OBJET. STOP A UNE PRATIQUE D'UN AUTRE ÂGE

MARC